ÉQUERRE D'ARGENT 2007 / NOMINÉ - LIPSKY + ROLLET - MUSÉE DU CRISTAL

Manufacture d’objets en cristal depuis 1571, Cristal Saint-Louis compte parmi les grands noms qui ont établi la réputation des maîtres verriers des forêts vosgiennes. Avec la création d’un musée, Saint-Louis dévoile son patrimoine et plus largement, conforte l’image d’une petite ville industrielle entièrement dédiée au cristal.

Vue d'ensemble : Musée du cristal, Lipsky + Rollet, Saint-Louis-les-Bitche, Équerre d’argent 2007 / nominé
photo n° 1/6
Zoom sur l'image ÉQUERRE D'ARGENT 2007 / NOMINÉ - LIPSKY + ROLLET - MUSÉE DU CRISTAL

«Boîte dans la boîte», le musée, recouvert d’une enveloppe en polycarbonate est entièrement désolidarisé des murs de la halle quil’abrite.

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L’enjeu du projet reposant sur cette confrontation avec le monde de l’industrie, les architectes Florence Lipsky et Pascal Rollet ont délibérément choisi d’implanter le nouveau musée dans une grande halle encore en activité. Il s’agissait ni de faire un écomusée, ni de séparer le musée de la fabrique mais de l’intégrer comme un acte fondateur au cœur d’un dispositif industriel de production.
« Boîte dans la boîte », selon les termes de la maîtrise d’œuvre, le musée, posé sur micropieux, est une énorme machine scénographique qui prend place dans la halle, au-dessus de la fosse ouverte d’un ancien four désaffecté. Entièrement indépendant, il n’entre jamais en contact avec les murs du bâtiment qui l’abrite.
Par sa conception, il entretient un jeu de contrastes permanent entre « le fragile et le titanesque » : au grand volume de la halle s’oppose ainsi l’espace plus intime du musée, aux matières lourdes des machines et à la rusticité du bois, la préciosité des objets exposés. Pour les architectes, Il s‘agissait de retranscrire l’esprit de l’actuel grenier où sous une charpente du XIXe siècle est entreposé ce qui constitue désormais le fonds du musée. «Le concept architectural pourrait se résumer à la mise en forme de la pièce des archives », explique Florence Lipsky.

La galerie-musée se présente comme une grande étagère en bois, offrant au visiteur une promenade « brute » où scénographie et architecture s’imbriquent étroitement. Au sein d’une couverture légère en polycarbonate, un parcours linéaire en pente douce s’enroule autour des vitrines d’1,50 m de profondeur. Les volées des rampes longent les faces intérieures et extérieures de l’étagère, chacune d’entre elles étant reliée à la suivante par un palier horizontal permettant d’assurer les passages à travers l’étagère et les retournements d’angles. D’aspect rudimentaire et reposant sur un système structurel très simple de rampes suspendues – ce sont les étagères qui sont porteuses de l’ensemble –, la construction n’en est pas moins sophistiquée avec un grand soin porté aux détails : tous les assemblages bois sont invisibles. D’origine locale et d’une teinte légèrement orangée, le bois utilisé pour l’ensemble est en pin Douglas massif à l’exception des rampes qui sont constituées de plateaux de contrecollé.

Pour les architectes, il était primordial d’utiliser des matériaux qui ne rentrent pas en compétition avec le cristal. Ainsi, brute et économique, la peau en polycarbonate assure une isolation minimale permettant de gérer les variations de température, mais fait également référence aux verrières de la vieille halle. Aux quatre angles du bâtiment, les gaines techniques sont habillées très sommairement avec des finitions simples qui sont un rappel à l’usine.

Les pièces emblématiques de la cristallerie sont exposées sur les trois quarts du musée, la partie haute étant destinée aux expositions temporaires. Au cours de son cheminement rythmé par vingt stations présentant les collections, le visiteur peut expérimenter différentes sensations dont les vues de dessus et de dessous qui, dans le vide central, convergent vers d’immenses lustres suspendus à la superstructure qui imposent audacieusement leur présence et contrastent avec le sol de terre battue du vieux four resté en l’état. Deux plongeoirs permettent par ailleurs d’ouvrir directement sur la réalité de la manufacture et de suivre le travail des maîtres-verriers dont le poste le plus proche, celui de la révision, n’est qu’à 20 m. Pour regagner la sortie, un escalier mène directement au point de départ et la sortie se fait par un comptoir commercial aménagé contre la grande halle.

 

Visitez le site des architectes : http://www.lipsky-rollet.com/

 

  • Lieu : Saint-Louis-lès-Bitche (57).
  • Maîtrise d’ouvrage : Association Saint-louis Cristal et lumière en Pays de Bitche ; Cristal Saint-Louis, maître d’ouvrage délégué.
  • Maîtrise d'oeuvre : intégral Lipsky + Rollet, architectes ; Laurent Thierry, chef de projet ; Philippe Délis, scénographie ; Marcel Meyer, muséographie ; SFICA + Gaujard technologie, BET.
  • Surface : 945 m2 SHON.

 

 

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