ÉQUERRE D'ARGENT 2009 / NOMINÉ – PHILIPPE PROST – RÉHABILITATION DE LA CARTOUCHERIE

Cette opération est assez exemplaire de la manière dont Philippe Prost et la ville ont envisagé ce patrimoine industriel dans sa capacité à refaire de la ville, à resservir la ville. Protégée au titre des Monuments historiques, la Cartoucherie de Bourg-lès-Valence est reconnue comme patrimoine architectural. 

Vue d'ensemble : Réhabilitation de la Cartoucherie, Philippe Prost, Bourg-lès-Valence, Equerre d’argent 2009 / nominé - © Jean-Marie Monthiers
photo n° 1/6
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Le nouveau programme – un pôle d’excellence autour de l’image animée avec l’installation du studio de production Folimage, de l’école européenne du cinéma d’animation La Poudrière et de l’association de promotion et de diffusion l’Equipée – crée l’occasion d’inventer de nouvelles porosités. Dans son site géographique, l’ensemble bâti s’impose par sa forte présence. D’un côté du Rhône, l’ancienne cartoucherie nationale de Valence, de l’autre le château de Crussol. Un palais industriel abandonné face à un château fort en ruine occupant, tous deux, les hauteurs. Le parallèle entre le château et la cartoucherie se prolonge jusque dans les mots employés par les habitants parlant ainsi des tours de la cartoucherie pour désigner ses deux pavillons d’angle. Outre la topographie, deux lignes tiennent à distance le château de l’usine : l’une ample et irrégulière, le cours du fleuve, l’autre à la courbe rectiligne et tendue, la voie de chemin de fer. La première a sculpté le relief, il y a plusieurs milliers d’années, la seconde a fondé l’activité industrielle, il y a un siècle et demi. Dans le faubourg, la Cartoucherie a toujours occupé une place à part. En raison de sa taille et de sa morphologie, mais aussi de sa clôture, elle a constitué en son temps une véritable ville dans la ville. Avec la fermeture du site industriel et le départ des cartouchiers, elle est devenue un délaissé. L’enjeu urbain était d’ouvrir ce territoire sur la ville pour en faire le cœur d’un nouveau quartier. Il a fallu créer des chemins, tracer des voies qui le parcourent : la première d’entre elles, sans doute la plus importante, s’est imposée dès le concours : une liaison transversale au site, reliant la rue basse à la cour haute : le passage sous porche existait, il suffisait de le prolonger par une rampe d’accès au jardin prenant la forme d’un long emmarchement. Le corps bâti existant, un palais industriel inscrit dans la lignée de grands projets comme ceux de la Saline royale d’Arc-et-Senans de Claude-Nicolas Ledoux ou du Familistère de Guise réalisé à l’initiative de l’industriel Jean-Baptiste Godin. Une dualité courante dans le patrimoine industriel s’appuie d’une part, sur une vocation directoriale et administrative et de l’autre, sur des bâtiments courants dévolus à la production. « La manufacture de Noël Sanial s’inscrit dans cette filiation, et même si le nom de l’architecte demeure encore aujourd’hui inconnu, il ne fait aucun doute qu’il y a bien eu un concepteur dont la culture était profondément marquée par l’architecture rationnelle de Jean-Nicolas-Louis Durand : l’Antiquité étant ici mise au service de l’industrie pour lui donner davantage de noblesse. Sur les pavillons, une écriture architecturale emprunte d’un néoclassicisme, au vocabulaire raffiné parfaitement maîtrisé, sur les bâtiments courants une travée simple et efficace répétée en tant que de besoin. D’un côté la pierre moulurée, l’enduit lissé et les menuiseries de bois, de l’autre l’enduit rustique, la brique et les menuiseries métalliques. », explique Philippe Prost. A l’intérieur, la même distinction s’opère entre les espaces dédiés à la gestion et ceux dévolus à la fabrication : lambris de menuiseries et décors peints pour les premiers, structures apparentes et peintures propreté pour les seconds. La volonté et l’ambition de Folimage, La Poudrière et L’Equipée de venir ensemble s’installer dans les lieux étaient, à côté de l’enjeu patrimonial, le point de départ du projet. Ainsi la création d’un pôle d’activités autour de l’image animée réunissant un studio de création, une école et une structure de diffusion a placé l’aménagement des lieux et des bâtiments au cœur du projet. La restauration n’étant qu’une de ses facettes parmi d’autres. Le nouvel usage est venu questionner le contexte, révéler les potentialités insoupçonnées des bâtiments qu’il s’agissait alors de transformer, comme à chaque fois dans pareil cas, au travers de trois registres majeurs d’intervention : démolir, conserver et construire. La restauration et la reconversion ont été menées simultanément, l’extérieur et l’intérieur pensés ensemble, tout comme la distribution interne des bâtiments et le réaménagement des espaces de travail. Les façades ont connu peu de transformations. Quelques bouchements supprimés ou percements parasites. L’ensemble a été entretenu avec économie, en utilisant les techniques en vigueur à l’époque des différentes interventions : reprises au ciment de briques dégradées, de chapiteaux en molasse, réfection de l’enduit de façade par un enduit de type tyrolien. L’intervention sur les façades a donc simplement consisté à retrouver les qualités d’origine des surfaces, des modénatures, de la polychromie : enduits lisses, profil des bandeaux et des corniches refaits en béton de site, rapport du clair au sombre entre enduits et briques. 

 

Visitez le site de l'architecte : http://www.prost-architectes.com/

 

 

  • Lieu : Cartoucherie Nationale, Bourg-lès-Valence (26).
  • Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bourg-lès-Valence.
  • Maîtrise d'oeuvre : Philippe Prost, architecte ; Mathilde Mouchel, chef de projet assistée de Lorène Pouliquen ; David Besson-Girard, paysagiste ; Sletec BET structure, fluides, économie ; Peutz, acousticien ; Dicobat, OPC ; Véritas, contrôle technique ; Qualiconsult, coordination SPS.
  • Surface : 13 794 m2, SHOB 6 409 m2 et 4 000 m2 d’espaces extérieurs.
  • Coût : 8,6M € HT calendrier : concours novembre 2004 ; livraison rentrée 2008.

 

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