ÉQUERRE D'ARGENT 2010 / NOMINÉ - TANK ARCHITECTES - COLLÈGE CLAUDE LÉVI-STRAUSS

Cet établissement scolaire a été l’occasion de restructurer un îlot d’un quartier nord de Lille. Les architectes ont soigneusement implanté les masses pour constituer un « collège urbain » avec sa cour centrale protégée. Ils ont opté pour une matérialité en brique, garante d’un dialogue avec l’environnement, mais dont la variété de texture et la mise en œuvre, avec angles courbes offrent une modénature véritablement contemporaine.

Vue extérieure verticale : collège Claude Levi-Strauss, Tank Architectes, Lille, nominé Équerre d'argent 2010 - © Julien Lanoo
photo n° 1/11
Zoom sur l'image ÉQUERRE D'ARGENT 2010 / NOMINÉ - TANK ARCHITECTES - COLLÈGE CLAUDE LÉVI-STRAUSS

Articles Liés

PRIX D'ARCHITECTURE DU MONITEUR 2010 : BÂTIMENTS NOMINÉS À L'ÉQUERRE D'ARGENT

Le collège est implanté sur la partie orientale d’une parcelle en L (voir amc n° 201). Le côté occidental du terrain recevra un aménagement paysager de qualité, favorisant le cheminement piéton qui mène droit à la station de métro. Cette dilatation de l’espace public est proportionnée aux flux conséquents des véhicules qui empruntent le boulevard de la Lorraine. Les architectes ont réussi avec le programme à créer un front bâti en R+2 qui participe à urbaniser la large voie, à contenir un espace qui a tendance à être trop lâche. Ainsi, la construction à l’angle du boulevard et de la rue Lestiboudois est-elle significative du langage architectural et des enjeux urbains du collège. D’une part, une homogénéité émane du projet grâce à la dominante de la brique, qui s’accorde particulièrement bien aux constructions alentour. D’autre part, l’absence de relief superflu (ni toiture pentue, ni corniche) rend facilement lisibles les masses principales de la composition. Enfin, l’alignement sur un grand linéaire, et le léger recul de la salle de sport n’est pas préjudiciable à la rectitude de la voie. D’ailleurs le marquage de l’alignement tient plus au R+1 qu’à la ligne de démarcation des façades au contact du trottoir. Ainsi, que ce soit pour les porches d’entrée des logements de fonction sur la rue Rolland, ou pour la grande baie vitrée qui ferme le préau sur la rue Lestiboudois, l’espace public se dilate modestement, à l’approche de l’entrée, où la surface entière d’une classe fait office de porche.

L’établissement a été conçu comme une école « très urbaine ». Il se referme sur lui-même tout en ménageant des transparences à travers de grandes baies coupe-vent ou des clôtures parcimonieuses. Il se développe sur trois strates dont les décrochés annoncent le thème du pli et de l’infractuosité. Situé à faible distance du quartier Vauban, il semble hériter des citadelles anciennes la capacité d’éviter les angles morts et d’exploiter les volumes en redents et en creux. Les angles arrondis de chacune des masses qui composent le bâtiment illustrent alors clairement l’allégorie, autant qu’ils assimilent le geste architectural aux tendances actuelles des formes souples et non standard. Evitant la citation littérale des barbacanes ou fortins de Vauban, les architectes ont procédé par allusion, pour ménager des vues secondaires autant que pour assurer le clair de jour naturel de toutes les salles. Les circulations centrales entre les classes profitent de ce dispositif qui plisse les façades et leur ouvre de grandes baies. Déclinées en plusieurs formats, les fenêtres des classes semblent glisser les unes par rapport aux autres. Les plus grandes sont fixes et s’étirent sur près de deux mètres de côté. Les plus petites s’ouvrent en carré de 80 cm pour assurer la ventilation naturelle des pièces. La partition graphique des baies s’accompagne d’un jeu de modénature des briques. Non seulement la terre cuite confectionnée par la fabrique De Wulf présente des irrégularités qui élargissent la palette des teintes. Mais surtout, les architectes ont calepiné une ponctuation des surfaces à l’aide de brique vernissée. Ils révèlent tantôt la présence des refends intérieurs ou marquent les traits de niveau des planchers. Tantôt, ils accumulent les pointes de couleur en nuage diaphane, sur les façades en retour ou autour des baies. La qualité de l’appareillage maçonné, indispensable pour le rendu fidèle des rayons de courbure des plans de façades, se laisse percevoir à l’intérieur du bâtiment, et tout particulièrement dans le hall principal. Elle ne subit pas la concurrence d’une palette de teintes couvrant les autres parois, car les murs sont invariablement peints en blanc. L’escalier d’honneur procède du même contraste. Son ossature métallique laquée blanc se déroule avec souplesse entre les planchers. Ce dessin curviligne trouve alors un écho inattendu dans le projet, avec l’apport de l’Atelier Télescopique. En charge de la signalétique de l’établissement, ces graphistes ont décliné la typographie Rubal Stencil sur les murs et les vitres et ont couvert le sol de la cour de récréation d’un grand dessin en résine blanche.

 

Visitez le site des architectes : www.tank.fr

  • Lieu : Lille (59).
  • Maîtrise d’ouvrage : Conseil général du Nord.
  • Maîtrise d'oeuvre : Tank Architectes (Olivier Camus et Lydéric Veauvy) ; Mathieu Berteloot, chef de projet ; Nicolas Laden, assistant ; Pingat Ingéniérie, BET structures ; Etamine, BET HQE ; Best VRD, VRD ; Paysages, paysagiste ; Atelier Télescopique, signalétique.
  • Surface : 8 200 m2 SHON.
  • Coût : 13 158 000 € HT

Réagissez à cet article

Saisissez le code de sécurité*

Saisir le code

*Informations obligatoires

Sommaire

Une marque

Groupe Moniteur Infopro Digital

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus