Europan 15: Urbanisme agricole, projet lauréat au Pays de Dreux

Concours d’idées biennal ouvert aux architectes, paysagistes et urbanistes européens âgés de moins de 40 ans, Europan a dévoilé sa 15e cuvée, lancée sur le thème “La ville productive”. C'est la seconde édition consacrée à cette thématique, cruciale dans la transformation des villes aujourd’hui. Avec cette session, Europan souhaite mettre l’accent sur la transition productive écologique, autour de trois questions: celle des ressources, de la mobilité et de l'équité spatiale. Au total, 166 projets venus de toute l'Europe ont été rendus en réponse aux problématiques soulevées sur les 9 sites d'études proposés en France. Un projet lauréat et deux projets mentionnés ont été sélectionnés pour chacun, à l’issue d’une analyse par des experts indépendants, puis par un jury national regroupant des représentants des villes partenaires et des aménageurs, des architectes, des urbanistes et des paysagistes. Voici le projet désigné lauréat pour l'agglomération du Pays de Dreux.

Urbanisme agricole, projet lauréat d'Europan 15 sur le site Pays de Dreux - © Samuel Hervault, Lucas Fontaine, Jules Gauffeny
photo n° 1/5
Zoom sur l'image Europan 15: Urbanisme agricole, projet lauréat au Pays de Dreux

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Réfléchir l’extension d’un bourg rural, c’est questionner ce qui fabrique sa limite, sa lisière, cette épaisseur s’intercalant entre les villages et les plaines agricoles. Cet espace de transition qui protège l’habitat de l’espace de plein vent, est aussi le lieu de contact entre zones habitée, commerciale, agricole ou artisanale. Cette épaisseur vivante peut être un atout dès lors que sa transformation est anticipée plutôt que sa disparition subie, lotissement après lotissement. Les communes de l’agglomération du Pays de Dreux, Brezolles, Tremblay-les-Villages et Saint-Lubin-des-Joncherets appartiennent aux régions agricoles du Drouais-Thymerais et de la Beauce. Leur paysage est marqué par l’agriculture céréalière intensive et ses exploitations démesurées. Certains éléments ponctuent malgré tout le paysage, donnant une échelle à ces perspectives abstraites, comme d’importants boisements ou des îlots bâtis. Longer une masse bâtie ou végétale jouxtant un vide est une situation récurrente sur ce territoire. Ce dispositif d’adossement permet d’appréhender d’une manière plus douce l’échelle des vastes étendues cultivées. C’est ce dispositif en lisière que le projet propose de dupliquer.

Parc agricole

Le paysage du Drouais-Thymerais et de la Beauce est caractérisé par des corps de ferme isolés, organisés autour de cours abritées des vents. Les bâtiments sont dédiés au stockage des productions, d’autres à l’habitat. Activité et production se mêlent autour de la cours, véritable lieu d’échange. Actuellement, le système agricole intensif et ses produits phytosanitaires empêchent d’envisager des situations mêlant habitat et agriculture. Seule une transition vers un modèle agricole sans pesticide permettra d’inventer de nouveaux scénarios. Accompagné des acteurs de l’organisation du territoire (DDT, CAUE), l’architecte paysagiste devra dimensionner les limites d’interventions du projet spatial et le reporter sur le PLUI. Il relèvera ce qui constitue les seuils, les pincements qui font pénétrer dans un espace plus dense, plus resserré, et définira ainsi l’épaisseur de la lisière de chaque village. Mais avant tout, la commune devra recenser, avec l’aide de ses partenaires agricoles (GAB, Terre de Liens, Chambre d’Agriculture), les agriculteurs intéressés par une installation sur le territoire communal. Il s’agit ensuite de dessiner, en concertation avec eux, une nouvelle trame agricole. Ce partenariat permet à l’architecte/paysagiste de dessiner de nouveaux cheminements à travers les territoires cultivés, pour créer un parc agricole. Des emprises foncières y seront réservées pour accueillir de nouveaux habitants ou de nouvelles activités au sein d’îlots où habitat, activités artisanale et agricole se mêlent.

Îlots autonomes

Les îlots bâtis reprennent la structure des corps de ferme mais ils sont ouverts et traversants, comme autant d’escales sur l’itinéraire des promeneurs. Chaque îlot est autonome en énergie, en eau potable et en assainissement. Des voies carrossables et des chemins d’exploitations traversent la lisière reliant les îlots entre eux. Des talus boisés brise-vent accompagnent certains de ces chemins, profitant autant aux promeneurs qu’aux cultures. Un mince ruban d’enrobé permet aux vélos, piétons et fauteuils de circuler tandis que le reste de la voie réservée aux véhicules motorisés est seulement enrochée. Aucun réseau enterré n’accompagne la voirie, puisque les îlots sont autonomes. Dans ces conditions, les voies pourraient assez facilement être remises en culture.

  • Equipe : Samuel Hervault, architecte ; Lucas Fontaine, architecte ; Jules Gauffeny, architecte

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