Guy Rottier, architecte hors système – exposition de la biennale d’architecture d’Orléans

Pour sa première édition, la biennale d’architecture d’Orléans rend hommage à l’une des figures artistiques et architecturales les plus originales de la seconde moitié du XXe siècle: Guy Rottier. Réunissant plus de 150 dessins, photographies et maquettes conservés par le Frac Centre-Val de Loire, l’exposition «Guy Rottier, architecture libre» est la plus importante rétrospective jamais consacrée à cet architecte iconoclaste et visionnaire.

 

Guy Rottier, L’idée Halles, 1979 - © Collection Frac Centre-Val de Loire - Donation Guy Rottier
photo n° 1/7
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Avec un style insolite, fulgurant et sans compromis, Guy Rottier entendait renouveler radicalement le langage architectural au même titre que les modes d’habiter. Espiègle, fantasque, libre, Guy Rottier a défendu sa vie durant une approche de l’architecture plus joueuse que divertissante, plus enfantine que puérile, défiant toutes les lois – celles de la tradition comme celles de la gravité – pour instiller dynamisme et mouvement dans l’ordre trop sclérosé de ce monde. Né à Sumatra en Indonésie, Guy Rottier (1922-2013) est diplômé ingénieur de La Haye (1946), puis architecte DPLG de l’École des Beaux-Arts de Paris (1952). De 1947 à 1949, il travaille dans l’atelier de Le Corbusier et coordonne le chantier de l’unité d’habitation de Marseille. En 1958, il s’installe à Nice et conçoit avec Charles Barberis, menuisier de l’unité d’habitation, des cabanons de vacances industrialisés en bois. Ce projet marquera un tournant dans sa carrière: l’avis négatif de l’architecte des bâtiments de France bouleverse Rottier qui décide de prendre le maquis pour lutter contre les trois «ennemis» de l’architecture, les matériaux traditionnels, l’administration et les traditions. Rottier s’engage alors dans la voie d’une "architecture buissonnière", se heurtant rapidement aux lois et règlementations en vigueur, et dont "La maison de vacances volante" sera le manifeste. Il est également membre du Groupe international d’architecture expérimentale (GIAP) créé par le critique Michel Ragon.

Des maisons enterrées

Ses maisons enterrées, nées de l’analyse de l’architecture traditionnelle de terre en Afrique du Nord, apportent de vraies réponses peu onéreuses au problème du logement des années 1960: matériaux industrialisés, récupération, gain d’espace. La Maison évolutive "escargot", par exemple, offre une structure en spirale qui permet aux habitants de rajouter des pièces en fonction de l’accroissement de la famille, tandis qu’il représente une cible sur la surface d’une maison enterrée destinée "aux méchants de la terre". Il sera l’un des premiers, sinon un des seuls en France, à proposer une architecture figurative et symbolique qui annonce une certaine tendance du postmodernisme. Proche d’artistes comme Venet, Arman et Ben, il s’intéresse également au rebus, auquel il donnera une nouvelle vie, comme matériau de construction.

Un urbanisme solaire

S’il enterre l’habitant, c’est surtout avec le soleil que Rottier entretient une relation puissante, empreinte de spiritualité. Au début des années 1970, il développe des projets d’architecture puis d’urbanisme solaire dans lesquels il entend revenir aux fondamentaux: la lumière. Ce rapport à la terre et au soleil, mais également à l’eau et à l’air dans certains autres projets, témoigne du rôle cosmique auquel doit selon lui prétendre l’architecture. Si certains de ses projets furent construits (la Villa Laude en 1963 et la Villa Cardi en 1967 à Villefranche-sur-Mer; la Maison d’Arman à Vence, 1968...), Guy Rottier a consacré une grande part de sa carrière à l’enseignement, d’abord en Syrie (1970-78) puis au Maroc à Rabat (1979-87). De retour dans le sud de la France, il fonde le groupe des Conspiratifs en 1996, avec entre autres Antti Lovag et Jacques Rougerie, qui sera dissout en 2012, un an avant sa disparition.

 

  • Exposition «Guy Rottier, Architecture libre»
  • Du 13 octobre 2017 au 1er avril 2018
  • Les Tanneries Centre d’art contemporain , 234 rue des Ponts 45200 Amilly
  • www.lestanneries.fr

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