Herzog & de Meuron livrent un temple du foot à Bordeaux

Les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron livrent le nouveau stade de Bordeaux à temps pour l'UEFA EURO 2016. Ce dernier a été inauguré le 18 mai, l’occasion de faire encore une fois la démonstration de leur capacité à allier qualités esthétiques et fonctionnalité dans des projets d’envergure.

Nouveau Stade Bordeaux, Herzog et de Meuron architectes, Bordeaux - © Margaux Darrieus / AMC
photo n° 1/9
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Un nid de béton à Pékin, une bouée translucide à Munich… Les stades de foot conçus par les starchitectes Jacques Herzog et Pierre de Meuron sont aussi performants pour les sportifs qu’ils sont attractifs pour les spectateurs. Véhiculant avec autant d’efficacité qu’en Chine et en Allemagne un imaginaire ludique, leur dernier né, conçu à Bordeaux dans le cadre d’un PPP attribué à Fayat et Vinci, est prêt à accueillir les supporteurs des Girondins. Tel un temple immaculé érigé à la gloire du ballon rond dans le quartier du Lac, il étonne par la simplicité et l’élégance de ses lignes. Pour sculpter cette architecture aussi efficace que délicate, les architectes ont travaillé à partir de quelques objets identifiables, aboutissant à une composition monumentale épurée. “Un stade est un bâtiment spécifique et il doit être basé sur des éléments clairement définis. Ici, nous avons travaillé sur l’arène, que nous appelons le bol, une coursive nommée le serpentin, et les poteaux”, explique Paul Vantieghem, architecte chef de projet chez Herzog & de Meuron. Calé entre deux canaux, à proximité immédiate de deux lignes de tramway et profitant du parking de 6 000 places du parc des expositions, le nouveau stade affiche une jauge de 42 000 places. “Nous avons choisi de faire un bâtiment rectangulaire pour l’intégrer dans la grille orthogonale à la fois naturelle et artificielle (la trame rectiligne des bocages et celle du bâtiment du parc des expositions) qui l’accueille”, poursuit l’architecte. Son plan ne suit donc pas le tracé elliptique habituel mais s’inscrit dans un rectangle de 233 par 210 m de côté.

 

Forêt des Landes

Évoquant les troncs des pins landais, 644 poteaux d’acier supportent le bol. Seul un tiers de ces colonnes remplit une fonction structurelle, le reste est décoratif ou intègre des éléments techniques comme les descentes d’eaux pluviales. Leur diamètre évolue de 400 mm à 700 mm pour les poteaux atteignant la toiture. Le bol supérieur étant, par ailleurs, supporté par des crémaillères métalliques tandis que les tribunes basses sont en structure béton. L’entrée des spectateurs se fait par un giganstesque emmarchement bordant les façades est et ouest du bâtiment. Impressionante, la montée sous la sous-face du bol - bardée de panneaux sandwich d’aluminium laqué - guide vers le serpentin. Cette galerie de plein-air bordée de buvettes et de petits restaurants dessert les tribunes basses et hautes. En plus de fluidifier les accès des spectateurs – c’est l’unique accès aux sièges -, le serpentin permet de faire le tour de l’arène sans être interrompu le long de ses 800 mètres linéaires. Un dispositif spatial gage de la convivialité, déjà expérimenté dans l’Allianz Arena de Munich. Associé à la forêt de poteaux à Bordeaux, il permet en plus de ne jamais perdre de vue ni la pelouse, ni le ciel.

 

Arène neutre

Visibilité et fonctionnalité qualifie également la morphologie intérieure du bol. L’inclinaison importante des tribunes (35° en partie haute) assure une vision optimale aux spectateurs tandis que la sous-face plane de la toiture bardée de tôle ondulée – qui présente un porte-à-faux de 40 m et intègre les éléments d’absorption acoustique - concentre leur attention sur le jeu. “Une configuration compacte et intelligente des gradins peut considérablement améliorer l’atmosphère dans un stade”, expliquent Jacques Herzog et Pierre de Meuron interrogés par le Moniteur. Les sièges, dont la teinte évolue du blanc au gris clair, participent à la neutralité de l’espace, seulement rythmé par les rubans de béton qui cadrent les loges. Un choix esthétique astucieux qui laisse tout le loisir aux spectateurs des Girondins et aux sponsors de réchauffer les lieux sans rien enlever à leur élégance. Car, si beau soit-il, le stade est avant tout une arène évènementielle. Et ce n’est pas de son enrichissement programmatique - ici quasi-inexistant - que viendra l'augmentation de sa fréquentation au-delà des matchs mais de l’imagination de son exploitant, la Société Bordeaux Atlantique (SBA). Qualifiant déjà le stade “d’icône”, la SBA ne cache pas son appétit d’un certain effet Bilbao car une oeuvre architecturale attractive facilite l'organisation d’autres évènements, concerts, séminaires d'entreprises...

 

Interview de Jacques Herzog et Pierre de Meuron sur le Moniteur.fr.

 

 

 

  • Lieu: Bordeaux, Gironde
  • Contrat de partenariat public-privé de 30 ans
  • Client concédant: Ville de Bordeaux
  • Maîtrise d’ouvrage: Stade Bordeaux Atlantique (SBA)
  • Architectes: Herzog & de Meuron, conception; Groupe-6, réalisation
  • Paysagiste: Michel Desvigne
  • BET: Structures, BET béton; Jaillet-Rouby, BET charpente métallique; Egis bâtiments, BET fluides
  • Programme: stade de 42 000 places
  • Calendrier: construction, novembre 2012 à avril 2015
  • Coût construction: 183 M€ HT
  • Groupement d’entreprises: Vinci Construction, Fayat
  • Charpente métallique: Castel & Fromaget

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  • Dev

    Très belle œuvre. Cependant on ne peut une fois de plus regretter les choix de matériaux des starchitectes. Béton, métal et verre, sont leur panoplie habituelle. Et le bois dans tout cela? Vouloir évoquer la forêt landaise, très bien, mais avec du vrai bois c'est encore mieux!!

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