Hommage prospectif à Nicolas Schöffer - Exposition au LaM

A Villeneuve d’Asq, le LaM consacre Nicolas Schöffer (1912-1992) avec une exposition-spectacle qui rend hommage à un artiste injustement oublié. Présentée jusqu’au 20 mai 2018, « Nicolas Schöffer. Rétroprospective » permet de prendre toute la mesure d’un œuvre exploratoire et transverse qui révèle aussi nombre de projets expérimentaux et collaboratifs avec les architectes de son temps.

Nicolas Schöffer. Rétroprospective au LAM. Nicolas Schöffer, Effet prismatique. - © N. Dewitte / LaM. © Adagp, Paris - Éléonore de Lavandeyra- Schöffer, 2018
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Zoom sur l'image Hommage prospectif à Nicolas Schöffer - Exposition au LaM

De son vivant, les innovations de Nicolas Schöffer ont suscité des réactions immédiates et l’ont porté à un degré de notoriété que peu d’artistes de sa génération ont connu. Exposé par la galeriste Denise René à Paris, il bénéficie très tôt d’une première exposition personnelle au musée des Arts décoratifs en 1963, deux ans après la construction de sa célèbre Tour Spatiodynamique Cybernétique et Sonore à Liège. Célébré ou détesté, il remporte le Grand prix de sculpture de la Biennale de Venise en 1968.

La cybernétique

L’époque qu’il incarne est celle de la Reconstruction et des Trente Glorieuses, quand la société tout entière imaginait son futur comme le fruit de progrès exponentiels et l’accroissement de savoirs de mieux en mieux partagés. Dès la fin des années 1940, il embrasse les recherches les plus novatrices – la cybernétique –, et en fait le point de départ d’une réflexion sur les buts et les moyens de l’art qui bouleversera radicalement son aspect et ses procédures. Alors qu’il crée des sculptures animées depuis plus de quinze ans, il monte Kildex, le premier spectacle cybernétique à l’Opéra de Hambourg en 1973, accompagné, entre autres, par le compositeur Pierre Henry et la danseuse Carolyn Carlson.

De l’urbanisme au décor d’une boîte de nuit

Artiste pluridisciplinaire, enseignant, essayiste, il s’intéresse aussi à l’urbanisme, participe à la fondation du Groupe international d’architecture prospective (GIAP) et concourt pour les grands projets urbains des halles ou du Centre Pompidou. Son influence se retrouve aussi dans la culture populaire, notamment à travers les décors qu’il réalise pour la boîte de nuit le Voom-Voom à Saint-Tropez ou des émissions de télévision, ou encore avec le Lumino, édité par la firme Philips avec laquelle il collabore pendant plus de vingt ans.

Le parti de la prospective

Développée selon neuf chapitres, l’exposition prend le parti de la “prospective” plutôt que de la “rétrospective” à travers une sélection de sculptures, de peintures, de dessins et de documents emblématiques de son oeuvre, dont des inédits provenant directement de l’atelier et du fonds d’archives de l’artiste. Ses projets les plus exploratoires et ses collaborations expérimentales transdisciplinaires avec les architectes, les musiciens, les chorégraphes, les scientifiques ou les industriels de son temps sont complétés par des documents d’époque – films, photographies, magazines, publicités – réinscrivant chacun d’entre eux dans son contexte de création, de diffusion et de réception.

 

  • "Nicolas Schöffer. Rétroprospective", jusqu'au 20 mai 2018 
  • Commissariat : Arnauld Pierre; commissaire invité: Sébastien Delot, directeur-conservateur du LaM 
  • LaM, 1 allée du Musée, 59650 Villeneuve d’Ascq 
  • www.musee-lam.fr

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