Joly & Loiret - Stade équestre du Grand parquet à Fontainebleau

La requalification du stade équestre du Grand Parquet, rattaché à la forêt domaniale de Fontainebleau, a nécessité une réorganisation de tous les espaces afin d’optimiser la fonctionnalité de ce site de 25?ha où le bâtiment principal a été conçu comme une « architecture-paysage ».

Joly & Loiret, Stade équestre du Grand Parquet à Fontainebleau - © FredPerrot
photo n° 1/14
Zoom sur l'image Joly & Loiret - Stade équestre du Grand parquet à Fontainebleau

Implanté dans la forêt de Fontainebleau, cet ancien terrain de chasse de Louis XIV qu’est le Grand Parquet compte parmi les lieux les plus prestigieux du monde hippique dont il accueille de nombreuses manifestations nationales et internationales. Doté d’un capital paysager exceptionnel classé mais négligé au fil des années, le site souffrait de dysfonctionnements et de la vétusté de ses équipements qui ne répondaient plus aux attentes de ses utilisateurs en matière d’accès et de sécurité. La Communauté de communes de Fontainebleau-Avon souhaitait également en renforcer l’attraction touristique. La totalité des espaces se devait donc d’être réaménagée et intégrer, en outre, la construction d’un bâtiment principal – abritant un restaurant, un commissariat général, un centre des affaires équestres – et de plusieurs annexes.

Concevoir à l’échelle du cheval

« Nous avons dû complètement revoir notre système de mesures en l’adaptant à celui du cheval avec des paramètres importants, qu’il s’agisse des odeurs, des bruits, des circulations, de la proximité entre les bêtes et les hommes, des hauteurs et largeurs, ou encore de problématiques environnementales, d’entretien et d’usure », expliquent les architectes Serge Joly et Paul-Emmanuel Loiret. Et c’est en tirant parti de ces contraintes spécifiques ajoutées à celles d’une forêt protégée qu’ils ont conçu le bâtiment principal comme un « horizon naturel » et limité l’impact au sol des constructions. Composée de gradins de bois en robinier placés dans l’exact prolongement des gradines, le versant nord est marquée de lignes horizontales continues qui se poursuivent en arc de cercle à l’est, étreignent le Grand Parquet et fusionnent avec lui. Au sud, sur l’entrée, c’est un « mur talus » de plantes grimpantes qui fait office de filtre solaire et visuel. Grand merlon de bois et de fleurs grimpantes, modelé à partir du talutage, il s’inscrit dans les formes prééxistantes du domaine, constitue une composante naturelle du site pensé dans sa globalité pour répondre à une continuité fonctionnelle du stade équestre et de ses usages. Toujours dans ce rapport au paysage perçu à la fois comme un fond de scène et comme une matière végétale indissociable de l’approche architecturale, une grande boucle piétonne a été dessinée pour desservir l’ensemble du site. Elle est emblématique du travail effectué sur les démarcations et la redéfinition des différents espaces d’activités du Grand Parquet qui permet aussi de valoriser la notion fondamentale du spectacle à travers les démonstrations continues des chevaux.La promenade publique démarre depuis la plaine de l’entrée pour rejoindre les gradines et s’achever progressivement sur le toit de l’édifice principal. Ce dernier offre des vues plongeantes et panoramiques sur les parquets – où des escaliers desservent l’ensemble des tribunes et relient les circulations au sol – avant de revenir par un grand escalier à son point de départ. Le parcours intègre nombre d’événements liés au ritualisme du monde équestre - zones d’exposition et de détente pour les chevaux, d’attente et de guet, passage des chevaliers, etc. – et délimite en son sein une clairière sportive qui regroupe l’ensemble des carrières et des paddocks. Exclusivement réservée à la compétition et au spectacle, elle est le nœud à partir duquel s’orgarnisent les autres entités programmatiques. Au nord, elle est délimitée par la lisière reconstituée qui forme une saisissante toile de fond tandis qu’au sud, et d’ouest en est, prennent place les boxes mobiles et fixes qui sont installés parallèlement au mur d’enceinte, la zone des exposants qui s’étire autour de l’entrée et le parking dédié aux professionnels. Et si le bâtiment n’a pas été conçu au sens classique du terme avec une enveloppe qui en aurait figé les limites en le posant comme objet architectural, il est néanmoins pourvu d’une forte lisibilité fonctionnelle avec trois blocs distincts autonomes et accessibles depuis l’extérieur. Ses espaces intérieurs utilisent très largement le bois blanchi dans leur aménagement et profitent pour la plupart d’une double exposition tandis qu’au nord les fenêtres permettent de cadrer des vues sur le terrain de compétition. « Il s’agit d’un bâtiment qui est vécu sur toutes ses façades et sur lequel on marche », résument les architectes comme s’ils voulaient par là rendre compte de l’importance du cheminement et donner ainsi toute sa place au paysage.

 

  • Lieu : Fontainebleau (77)
  • Maîtrise d’ouvrage : Communauté de Communes de Fontanebleau-Avon
  • Maîtrise d'œuvre : Joly&Loiret, architecte mandataire + HQE ; EVP, lot structure ; Alto, lots techniques + HQE ; Forgue économiste ; MAP, paysagiste ; Urbatec, VRD.
  • Programme : requalification du stade équestre du Grand Parquet
  • Surface : 2 000?m² shon + 25?ha de paysage
  • Calendrier : lauréat du concours juin?2007 ; livraison par phases 2011-12
  • Coût : 9,3 M€ HT (tribunes et paysage inclus)

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