La promesse d’un bureau moelleux, flexible… ou mort, selon Barber & Osgerby

Avec un humour décomplexé, le duo Jay Osgerby et Edward Barber annonçait la mort du bureau, « The Desk is Dead », le 11 septembre. C’est pour cela qu’ils se sont adressés au fabricant il y a quelques années, en lui proposant un nouveau développement de mobilier. Un rendez-vous chez Vitra de la Paris Design Week.

Soft Work, Vitra par Barber & Osgerby - © Vitra
photo n° 1/5
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Jay Osgerby et Edward Barber voulaient une idée dans l’esprit d’une nouvelle manière de vivre, non un concept figé. Le Studio britannique d’architectes a élu Vitra comme l’accompagnateur de leur révolution du travail, capable de matérialiser leur envie sur la base d'un investissement solide, et de deux ans de recherches. Leur devise, « Desk is dead », car « il y a près de dix ans, l’arrivée des outils portables et depuis miniaturisés avait initié ce processus, suivi du crash économique qui a lancé l’explosion du métier d’indépendant », résume Edward.

 

L'absence d'espace de travail approprié

Si bien, reprend Jay amusé, « qu’il n’existe plus d’espace de travail approprié, y compris dans les co-working ». Ils se sont donc penchés sur le sujet. Pour l'anecdote, leur chaise remarquable Tip Ton a été imaginée « presque par accident », suite à l’observation du mouvement des étudiants à leur table, imaginant un balancier exempt de mécanisme. Des espaces de travail existant, ils ne ne retiennent que la vision « d’un monde déprimant » ; ils s'étaient il y a quelques années interrogés sur « la nécessité pour un fauteuil d’avoir l’air d’une machine », c'est-à-dire qui affiche son ergonomie, pour meubler l’espace au final de « monstres » (dixit). Leur réponse à cette tragédie avait été la Pacific Chair, où l’attention a été mise sur le masquage de la technologie.

 

Rompre l’ennui du bureau

Convaincus qu’il fallait « rompre l’ennui et l’esprit de territoire », ils amènent « de la sensibilité au bureau avec les canapés modulables Soft Work ». C’est un système, avec un décroché de piètement qui paraît faire léviter les assisses et leurs dossiers à différents niveaux. Une série de modules à déplacer et à reconfigurer ou à faire évoluer. L’électricité, et les branchements sont intégrés, avec discrétion. La géométrie variable est le pivot de cette famille moelleuse au soutien fort du travailleur moderne. Cette déclinaison se fait « le reflet de notre société, où tout se mêle » sans frontière, ajoutent-ils, sans plus de spécificité de lieu entre un hall d’hôtel, un café, un aéroport... ou chez soi. Cette typologie mixte est prévue pour l’entreprise moderne, agile, faite pour suivre ses évolutions : maigrir ou grossir (« shrink and grow »). Une ligne d’espace partagé qui va déjà s’installer à Harvard.

 

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