La triennale Photographie et architecture à Bruxelles

« Paradis infernaux / Enfers paradisiaques », c'est le titre de la sixième édition de la triennale Photographie et architecture, à Bruxelles. Vingt photographes sont exposés jusqu'au 13 mai 2018 à la Faculté d'architecture La Cambre Horta de l’Université Libre de Bruxelles.

Zoo de Vincennes - Extrait de la série The Eternal - © Emilie Vialet
photo n° 1/8
Zoom sur l'image La triennale Photographie et architecture à Bruxelles

« Interpeller le réel pour que cela devienne une expression artistique. »

Andreas Gurski, photographe Allemand, vit et travaille à Düsseldorf, Allemagne.

 

Dans l’espace musée de La Cambre Horta, deux rampes croisées organisent l’espace et invitent le visiteur au parcours scénographique. Vingt photographes ont été sélectionnés par Marc Mawet, commissaire de cette triennale. Les artistes, à découvrir ou déjà reconnus, se retrouvent sur un point: ils mettent en lumière les enjeux de la société contemporaine. « Exercer le regard est le préalable essentiel à toute forme d’action sur le monde », précise Marc Mawet, enseignant à l’ULB et architecte praticien. Portés par des textes d’auteurs, philosophes, historiens, anthropologues, architectes, chaque projet photographique critique, parfois ironique, souvent engagé, livre des outils d’analyse et de compréhension sur le monde.

Diversité des regards et éléments de réponse

 

La nature artificielle photographiée par Emilie Vialet dans les zoos à travers l'Europe, dérange et interroge notre rapport au vivant. Nick Hannes met l’accent sur l’absurdité des paysages sacrifiés pour le tourisme de masse. Les mises en scène de la vie quotidienne aux couleurs saturées d’Aurore Valade, transposent le réel dans la fiction, documentant les usages générés par l’architecture ou les espaces publics. Habiter où ? Avec qui ? Comment ? Jean Revillard, qui poursuit un travail sur l’habitat précaire, pointe son objectif sur un cimetière habité à Manille où six milles êtres humains ont investi le mausolée de leur famille pour en faire leur demeure, espace intime et protecteur. La résilience à toute épreuve est clairement exprimée. Quelles que soient les conditions de vie, le territoire disponible devient le lieu de l’appropriation. Au-delà du visible, les photographes mettent l’accent sur l’épaisseur de d’architecture, matrice du développement et de la transmission culturelle. Ils questionnent, les architectes concernés traduisent et réciproquement. Il s’agit là d’une mise en évidence de ce lien partagé entre architecture et photographie depuis des décennies.

 

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