Les six lauréats du prix d'architecture Aga Khan 2019

Tous les trois ans depuis 1977, la fondation Aga Khan décerne un prix d’architecture à une sélection de projets qui ont pour objectif l’amélioration de la vie des populations musulmanes. Les six lauréats de l’édition 2019 – annoncés le 29 août à Kazan, capitale de la république du Tatarstan, une des divisions de la Russie – marquent par leur diversité d’échelle et leur engagement écologique.

Piscine à Almetyevsk construite dans le cadre du Programme de Développement des Espaces Publics au Tatarstan, Russie - © Ivan Petrov
photo n° 1/6
Zoom sur l'image Les six lauréats du prix d'architecture Aga Khan 2019

Le Programme de développement des espaces publics en Tatarstan, dans la Fédération de Russie, 2015-2022.

Afin de contrer la privatisation des espaces culturels et de loisirs, le projet a transformé et réhabilité 328 espaces dans chacun des 45 districts municipaux de la République, couvrant 33 villages, 42 villes, entre 2015 et 2018. La signalisation et le mobilier urbain sont produits localement et adaptés à la période hivernale, donc aux importantes chutes de neige.

Le jury a aimé : « L’un des objectifs du programme est d’améliorer des espaces parfois mal conçus et mal dimensionnés, héritage de la planification centralisée de l’ère soviétique. Même dans des lieux à caractère industriel, la nature est au centre de l’initiative, laquelle s’efforce de protéger les espaces publics face aux intérêts de la propriété privée. »

 

Le musée Palestinien à Birzeit, en Palestine.

Construit pour célébrer le patrimoine palestinien, le musée est un projet phare d’une des plus importantes ONG palestinienne, Taawon Welfare Association, et réalisé avec le soutien de l'Université de Birzeit?. Les formes en zigzag de l’architecture et des jardins à flanc de colline s'inspirent des terrasses agricoles environnantes, soulignant le lien avec la terre et symbolisant la résistance à l'occupation militaire en Cisjordanie.

Le jury a aimé : « Par son intégration à la topographie naturelle, le bâtiment adopte un langage architectural vernaculaire séculaire tout en utilisant des formes géométriques modernes. Il est l’équilibre parfait entre emploi des ressources locales traditionnelles et technologies. »

 

Le projet éducatif Arcadia, au Sud Karnachor, au Bangladesh, 2016.

L’agence d’architecture Saif Ul Haque Sthapati a conçu une structure modulaire amphibie en bambou, acheté dans les villages voisins et transporté le long de la rivière jusqu’au site, formée de modules à la fois ancrés dans le sol et capables de flotter. La construction accueille une école maternelle, un dortoir, une crèche et un centre de formation, tout en étant adaptée au site fluvial inondé cinq mois par an.

Le jury a aimé : « A l’heure du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau de la mer, cette modeste école de bambou apporte une solution de construction économique et viable avec des matériaux disponibles localement. »

 

L’unité d’enseignement et de recherche de l’université Alioune Diop à Bambey, au Sénégal, 2017.

L’unité comprend un amphithéâtre de 500 places, cinq salles de classe de 50 étudiants, huit salles de classe de 100 étudiants, trois laboratoires, dix bureaux de professeurs et deux salles de réunion. Par le recours à des techniques de construction locales et les principes de durabilité, le projet a réussi à maintenir les coûts et les exigences d’entretien au minimum tout en faisant face au climat aride de la zone sahélienne.

Le jury a aimé : « Les questions bioclimatiques, consommation d’énergie, ressources matérielles, pollution de l’eau sont à l’origine du projet et se sont révélées nécessaires à l’optimisation de l’enveloppe du bâtiment. »

 

Le centre Wasit Wetland de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, 2015.

Élément d’un projet de plus vaste envergure dont l’objectif est de nettoyer et réhabiliter un ancien réseau de zones humides le long de la côte du golfe Persique, le projet vise à informer le public, à fournir des informations sur son environnement et à encourager sa préservation. L’architecture du centre conçue par X-Architects exploite la topographie existante du site afin de minimiser l’impact visuel de la structure.

Le jury a aimé : « La principale contribution du projet à son environnement urbain réside dans la réhabilitation de près d’une vingtaine d’hectares d'anciennes friches. La construction du centre a permis, en valorisant le site comme héritage naturel, d’en détourner les promoteurs immobiliers.»

 

La revitalisation de Muharrak, au Bahreïn, 2010-en cours.

Muharrak, capitale historique du commerce des perles de la Péninsule arabique, a joué un rôle crucial dans l’économie du royaume de Bahreïn avant le développement des perles de culture dans les années 1930. Le programme, de vaste envergure, facilité par des partenariats public-privé, comprend la préservation de nombreux sites et bâtiments, de la modeste maison de plongeur jusqu’à l’entrepôt commercial, la modernisation d’anciennes structures et la construction de quatre bâtiments.

Le jury a aimé : « L’amélioration des espaces publics et des infrastructures offre à la communauté locale des possibilités d’interaction sociale. Une plateforme ouverte permet aux citoyens de participer activement et aux professionnels d’horizons différents d’interagir et de collaborer. »

 

 

 

  • Organisation : Fondation Aga Khan
  • Membres du jury 2019 : Anthony Kwamé Appiah, philosophe anglo-ghanéen américain ; Meisa Batayneh, fondateur de Maisam architects & engineers ; Sir David Chipperfield, architecte ; Elizabeth Diller, architecte ; Edhem Eldem, professeur d’histoire à Bogaziçi University (Istanbul) et au Collège de France ; Mona Fawaz, professeur d’Urbanisme à Issam Fares Institute of Public Policy de l’American University of Beirut ; Kareem Ibrahim, architecte égyptien et chercheur urbaniste ; Ali M. Malkawi, professeur à Harvard University’s Graduate School of Design et directeur fondateur du Harvard Center for Green Buildings and Cities ; et Nondita Correa Mehrotra, architecte en Inde et aux Etats-Unis et directrice de la Fondation Charles Correa.

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