PREMIÈRE ŒUVRE 2001 / LAURÉAT – RÉMY MARCIANO - RECONSTRUCTION D'UN GYMNASE

Pour ce centre sportif rattachant un héritage industrialo-portuaire à un quartier en transformation, les architectes ont eu recours à un vocabulaire à la fois agreste et nerveux : béton brut et impur pour le socle de l’édifice et boîtes de polycarbonate chevauchantes, faisant office de couvercle lumineux.

Vue intérieure : Reconstruction d'un gymnase, Rémy Marciano, Marseille, prix de la Première oeuvre 2001 / lauréat - © C. Michel
photo n° 1/5
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Le nouveau complexe omnisports Ruffi est le fruit du projet de reconstruction du « Cossec Ruffi », gymnase qui a été démoli du fait de la traversée du tunnel SNCF de Lajout. A proximité de la Zac de la Joliette, point stratégique du projet Euromed, le nouveau gymnase tire sa cohérence d’un contexte urbain en transformation, à la croisée de multiples échelles de voiries et de parcellaires. Il occupe la totalité d’un îlot défini par la trame Mirès au xixe siècle, une trame orthogonale, singulière, du tissu urbain marseillais, qui longe le port autonome et le périmètre d’Euroméditerrannée. Complice avec la rue, il impose son statut de bâtiment public, campé face à l’église Saint-Martin.
Et c’est à partir de cette position frontale, renforcée d’une faille d’entrée percée dans l’axe de l'église, que le gymnase entre en confrontation allégorique avec le lieu de culte. « Ce nouvel équipement public se veut porteur du mysticisme religio-sportif marseillais » explique Rémy Marciano, architecte de l’opération.
Des terrains de sport découverts – dont les aménagements sont en devenir – sont positionnés judicieusement entre l’église et le gymnase, dessinant les limites de la parcelle et faisant figure de place publique. A la volonté de créer une continuité avec l’imaginaire « mystique » du lieu, s’ajoute la forte intention de raccrocher le bâtiment à son contexte industriel, celui des docks alentour.
Vecteur de cette identité historique : le béton brut; sa minéralité se faisant ici l’expression d’une massivité implacable. Un béton volontairement peu soigné, constituant un socle à la fois égratigné et puissant. « Un béton qui ne craint pas de recevoir des coups » dira Rémy Marciano. Sa surface est parfois lisse, parfois striée, ça et là noircie d’anti-graffiti. Différents fonds de coffrage ont été utilisés, recevant tantôt des panneaux de bois bakélisé ou de contreplaqué. La rudesse de la surface du gymnase, que l’on appréhende très bien depuis la rue, raconte une forme de ruralité urbaine, entre cabane et hangard. Un rempart à la fois hermétique et perméable, qui n’a pas peur de se confronter à la ville, mais qui, bien au contraire, l’absorbe.
Le désir de rompre avec une échelle domestique est également marqué du refus de percer les voiles béton. Seule la partie supérieure de l’édifice est éclairée : en surplomb du socle minéral, des boîtes de polycarbonate semblent posées en équilibre, formant un couvercle flottant.
Ces caisses lumineuses sont portées par une charpente industrielle aux profils en T et poutres treillis, volontairement peu dessinée. Des bacs aluminium composent la toiture. L’épaisseur de cette charpente a permis de s’affranchir des 7 m réglementaires alloués aux gymnases, rehaussant l’établissement de 2,50 m. Les espaces intérieurs, baignés d’une lumière homogène donnent à lire le béton brut des voiles autoporteurs (30 cm) traités sans parement, hormis les panneaux métalliques perforés qui revêtent deux façades intérieures de l’espace de sport. Le traitement opaque de la partie basse du gymnase, tout à fait adapté à la pratique du ballon, renvoie à la partie supérieure, lumineuse et transparente. Et c’est surtout la nuit, moment où le complexe est souvent utilisé, que le bâtiment se révèle, que la réversibilité des effets de matière – entre réplétion et vacuité – s’opère. Eclairée, la toiture luminescente prévaut sur le socle béton du gymnase, un gymnase qui se voudrait fédérateur d’un quartier en quête de dynamique sociale.

 

Visitez le site de l'architecte : www.remy-marciano.com

 

 

 

  • Lieu : Marseille 3e.
  • Maîtrise d’ouvrage : Ville de Marseille, Direction des Sports ; Euroméditerranée, mandataire
  • Maîtrise d'oeuvre : Rémy Marciano Architecte DPLG, mandataire. SP21, Société phocéenne d'Ingénierie, ART'M architecture, consultants. Jérôme Mazas, paysagiste. Bureau de contrôle : Apave. SPS : Alma Provence
  • Surface : 1 394 m2
  • Coût : 9 MF HT

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