PREMIÈRE ŒUVRE 2006 / NOMINÉ – TOMOKO ANYOJI ET YANNICK BELTRANDO - MAISON

Dans le contexte urbain à forte valeur patrimoniale de Montmartre, cette maison à ossature métallique se trouve dans un site remarquable soumis à de stricts règlements et difficilement accessible. Inscrit dans une enclave urbaine, le projet offre une alternative à l’architecture pastiche en vogue dans le quartier.

Vue d'ensemble : Maison, Tomoko Anyoji et Yannick Beltrando, Paris 18e, prix de la Première oeuvre 2006 / nominé - © Philippe Groscaux
photo n° 1/5
Zoom sur l'image PREMIÈRE ŒUVRE 2006 / NOMINÉ – TOMOKO ANYOJI ET YANNICK BELTRANDO - MAISON

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Nichée sur la butte de Montmartre en limite du noyau villageois originel, cette maison jouit d’une situation tout aussi atypique qu’exceptionnelle qui rend sa présence insoupçonnable depuis la rue. Remblayé au XIXe siècle, le terrain surplombe jusqu’à 7 mètres les rues pentues qui le ceinturent et accueillait autrefois une guinguette au milieu d’un jardin, un lieu immortalisé par Van Gogh. L’accès à la parcelle s’effectue depuis la rue Saint-Rustique au travers de cours et de jardins successifs qui, formant une galerie d’entrée à ciel ouvert, confèrent au site un statut d’enclave préservée de l’environnement alentour très fréquenté des touristes.
Quand Tomoko Anyoji et Yannick Beltrando s’attellent au projet, le terrain abrite alors une maison de facture médiocre, édifiée là sans permis de construire, qu’ils décident de démolir plutôt que de rénover. Les règlements très stricts en vigueur dans le secteur imposent néanmoins de respecter la hauteur de faîtage et l’emprise de cette construction préexistante. Dès les prémices du projet, les architectes souhaitent démontrer qu’il existe une alternative à l’architecture pastiche en vogue dans le quartier – encouragée par les règlements urbains – et veulent s’affranchir des références pittoresques factices. C’est en partie pourquoi le projet a nécessité en amont un long travail préalable de présentation auprès des associations très actives du quartier, à la copropriété peu encline à supporter les travaux et à l’architecte des Bâtiments de France.
Contraintes et atouts du site
La nature de la parcelle constitue la contrainte majeure du projet. La mauvaise qualité du terrain dont l’accessibilité est de surcroît réduite à la seule porte d’entrée rue Saint-Rustique a dicté les choix constructifs. Face à l’impossibilité de recourir à tout engin de levage, les architectes ont opté pour une maison à structure métallique.
Atout majeur du site, le jardin impliquait la mise en place d’une relation singulière avec l’espace bâti. Privilégiant la notion d’ambiance, le projet est structuré par certains des éléments existants conservés (arbres, murs et grilles de clôture, lampadaires en fonte, bassin en béton, muret de pierre) qui en définissent le cadre. Le programme se répartit en deux bâtiments disposés en L entièrement et exclusivement ouverts sur le jardin. Comprenant le salon-séjour, la cuisine, une chambre et une salle de bains ainsi qu’une salle de télévision créée en sous-sol, le volume principal, légèrement décollé du sol, s’organise de plain-pied sur les traces de l’ancienne construction. En fond de parcelle, implantée perpendiculairement, la dépendance abrite bureau et chambre d’amis. Pour permettre une lecture franche des limites de la parcelle et des héberges existantes, ce second volume est en léger décaissé par rapport au jardin – la différence de hauteur entre les deux bâtiments permettant également d’en renforcer la hiérarchie. La volumétrie des bâtiments se plie au contexte. Pour éviter tout rapport frontal voire monumental au jardin, la ligne de la façade principale est brisée tout comme celle de l’annexe qui a permis de conserver un arbre.
Le système constructif de la maison repose sur l’assemblage d’une structure métallique et de panneaux sandwiches.
L’ensemble est habillé d’un bardage bois de fines lames verticales en iroko brut non traité ; la façade principale est quant à elle constituée de grands châssis coulissants en aluminium gris anthracite. En toiture, trois lanterneaux éclairent également le séjour. Le chéneau est encaissé dans la poutre de rive pour ne pas perturber le traitement par plan des façades. Sa largeur variable permet de faire la jonction entre les plis de la façade et la toiture au dessin plus régulier.
Le volume de l’annexe s’appuie sur le même principe constructif, le bureau bénéficiant d’une ouverture en angle sur le jardin.

 

Visitez le site des architectes : http://www.anyojibeltrando.com/agence

 

  • Lieu : rue Saint-Rustique, Paris 18e.
  • Maîtrise d’ouvrage : privée.
  • Maîtrise d'oeuvre : Tomoko Anyoji et Yannick Beltrando, architectes; Laurent Castanet, BET gros œuvre; GDMH, BET sols et fondations; SAFA, BET structure béton; Arden, BET structure métallique; Socotec, bureau de contrôle; Norisko, coordonnateur SPS.
  • Surface : 177 m2 SHON.
  • Coût : 450 000 € HT.

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