Susanna Fritscher, un art de l'espace - Portrait

Dans la sphère architecturale, cela fait déjà plusieurs années que circule le nom de l'artiste Susanna Fritscher, dont la renommée a pris de l'ampleur, depuis sa magistrale intervention pour l'inauguration du musée d'arts de Nantes, en 2017, réhabilité et agrandi par les architectes britanniques Stanton Williams. Elle a investi cette année la galerie du centre Pompidou-Metz, de Shigeru Ban et Jean de Gastines, et occupe l'une de salles du Louvre Abu Dhabi, sous le célèbre dôme de Jean Nouvel. Une actualité qui invite à revenir sur une œuvre qui ne prend sa mesure qu'in situ, dans un véritable corps à corps mouvant et réactif avec l'architecture, aussi poétique que troublant.

Portrait de Susanna Fritscher dans son atelier devant la maquette du projet pour son exposition de Nantes - © Laurent Tessier
photo n° 1/9
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On ne fait pas que regarder une œuvre de Susanna Fritscher, on entre dedans. C'est là le premier des points communs que l'artiste autrichienne partage avec l'architecte. L'espace est aussi son médium, à la différence que l'architecture n'est pas pour elle un sujet, plutôt un support. Elle s'y frotte et s'y inscrit, la remplit. Elle en bouscule la perception, absorbe le visiteur dans une expérience qui l'oblige à « être » là. Et ce qui la distingue de nombre d'artistes contemporains qui colonisent l'architecture, c'est qu'en questionnant la sensation de l'espace, la perception des volumes, elle dépasse le stade de l'installation, de l'ajout, pour embrasser l'échelle architecturale de façon totale.

Quand on pénètre dans son vaste atelier de Montreuil (Seine-Saint-Denis), ce n'est pas tant le beau volume conçu par l'agence Harari il y a une vingtaine d'années qui interpelle que les prototypes suspendus au plafond et leur imperceptible mouvement, ou les maquettes posées de-ci de-là. Les matériaux entreposés affichent une certaine neutralité par leur blancheur ou leur transparence. On sent immédiatement que le faire prédomine sur le discours, que son atelier est déjà, en tant que tel, un espace auquel elle se confronte. Car ce qui l'anime est là : il ne s'agit pas de fictionnaliser un lieu donné, mais de le circonscrire pour en faire à la fois le support et la limite de l'œuvre. Plus que de le transformer, son intervention -pérenne ou éphémère s'attache à en modifier la vision. « Quel que soit le type d'espace dans lequel je m'inscris, je ne suis jamais dans un rapport hiérarchique ou de respect particulier. Le véritable enjeu est de trouver une stratégie qui mêle œuvre et environnement, de manière à en révéler la fragilité, l'instabilité qui est la nôtre, celle qui nous entoure. L'architecture m'offre de donner une limite à l'œuvre », résume-t-elle. Sa production, qui ne cesse d'évoluer et de s'enrichir, en témoigne : elle efface autant qu'elle montre.

Perte de repères

Quand on l'interroge sur sa formation - des études d'histoire de l'art, un passage par l'école des arts décoratifs de Vienne avant d'intégrer en France, en 1983, les beaux-arts de Bourges -, du plus loin qu'elle se souvienne, la vastitude était au cœur de ses recherches. «Je réalisais des installations de grande échelle dans le paysage. La relation à la nature […]

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