Tact architectes - six logements locatifs - finaliste du prix de l’équerre d’argent 2016

En plein cœur d’une commune rurale, ces six logements locatifs associent constructions neuves et réhabilitation lourde. Grâce à un jeu d’imbrication et de démultiplication des volumes, la densification devient un moyen de préserver l’intimité de chacun.

 

Finaliste du prix l'Equerre d'argent 201 - 6 logements locatifs à Mauves-sur-Loire, Tact architectes (architectes), association Résidence Le Verger (maître d'ouvrage) - © S. Chalmeau
photo n° 1/5
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  • Cet article extrait du n°251 d'AMC vous est offert dans son intégralité par la rédaction

 

Si le patrimoine dit "ordinaire" relève de l’invisible et de la quotidienneté, l’opération de six logements réalisée par l’agence Tact dans la campagne nantaise révèle la richesse d’un potentiel trop souvent occulté. En densifiant une petite parcelle de 560 m2 située en cœur de bourg –à 100 m de l’église et attenante à une maison de retraite–, les architectes ont fait le choix de l’occuper pleinement afin de créer un seul et même espace architecturé. Ayant convaincu la maîtrise d’ouvrage de conserver une partie du bâti ancien et d’y adjoindre des constructions au fil des discussions programmatiques, Maëlle Tessier et Matthieu Germond ont joué sur l’imbrication du neuf et de l’ancien pour aboutir à la création d’un collectif de trois logements et de trois maisons individuelles. En exploitant au maximum les gabarits autorisés par le PLU, ils ont réussi à créer un petit morceau d’urbanité constitué d’habitations de qualité et différenciées, dont la typologie dialogue avec celle du village.

Interactions spatiales

Revisité à l’aune d’une ligne contemporaine, l’archétype des formes bâties traditionnelles est ici décliné à des échelles multiples. A la compacité du projet répond une volonté de démultiplier les volumes qui s’ajustent entre eux, s’emboîtent comme s’il s’agissait d’une même masse sculptée et évidée par endroits. Du bâtiment surélevé à trois niveaux côté rue aux appentis qui ponctuent la composition générale, les interactions spatiales sont aussi nombreuses que diverses, guidées par l’orchestration d’une savante arythmie. "Les jardins et les courettes ont un rôle aussi important que les logements", explique Matthieu Germond, dans ce qui pourrait résumer la démarche du projet, axée sur la préservation de l’intimité des occupants. L’enjeu était qu’ils puissent bénéficier d’un ensoleillement maximal et d’une grande variété de champs visuels, accentuée par les différences de niveaux. Recomposé en entités plurielles, l’extérieur a l’allure d’un espace public. La présence des petits volumes fabrique néanmoins une gradation entre le véritable espace public de la rue vers celui, semi-collectif, des abords qui aboutit au pré carré des logements où la question du seuil a été travaillée avec une attention soutenue. La clôture et son appareillage de briques ajourées, ainsi que l’ordonnancement minimaliste des jardins végétalisés complètent les dispositifs de filtre mis en place par la composition du plan, tout en qualifiant chaque espace extérieur.

Une atmosphère de déjà-là

Faisant écho à la matérialité du tissu local, l’écriture minérale du projet est renforcée par la couleur blanche qui l’enveloppe presque intégralement. Qu’il s’agisse du parement des façades avec des briques moulées main, de l’enduit à la chaux qui recouvre les murs anciens ou du pavement clair omniprésent, une clarté semble se propager partout. Elle participe également à unifier le programme, tout en lui conférant un pouvoir d’abstraction qui l’autonomise et assoit sa contemporanéité. A l’exception d’une toiture en ardoise sur rue qui a été restaurée, les couvertures du cœur d’îlot sont en zinc –matériau choisi pour sa malléabilité–, qui garantit une cohérence à l’ensemble, renforce l’unité entre le neuf et les parties réhabilitées. Quant aux logements, leur grande force est d’être aussi dissemblables que comparables. S’ils se rejoignent par une recherche systématique d’optimisation du confort –luminosité, surfaces, hauteurs et rangements généreux, etc.–, ils sont tous caractérisés, combinent plusieurs orientations et typologies. En outre, ils sont dotés de la fameuse « pièce en plus » laissée libre à l’appropriation. Plus de la moitié du chantier a consisté à restructurer l’existant et les architectes ont su, dans leur aménagement, conserver et valoriser une atmosphère de déjà-là. Jouant avec le sur-mesure artisanal et une vision aussi généreuse qu’épurée, ils évitent l’écueil du bel objet architectural aseptisé. De l’intimité des habitants jusqu’à l’intégration d’un bâti patrimonial générique, ils ont réussi à privilégier une mise en scène du vécu qui se répercute à l’échelle du village. Une leçon d’architecture à retenir pour les centre-bourgs des communes rurales qui rechignent encore à densifier et à sortir des standards.

 

  • Lieu: Mauves-sur-Loire, Loire-Atlantique
  • Maîtrise d’ouvrage: Résidence Le Verger
  • Maîtrise d'œuvre: Tact architectes; Albo, BET fluides; PLBI, BET structure; Nonec, économiste
  • Programme: réhabilitation et extension de six logements (trois T2, un T3 et deux T4)
  • Surface: 420 m2
  • Calendrier: 2013-2016
  • Coût: 708000 € HT

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