WIMM et SILO architectes - La rénovation du théâtre Novarina à Thonon-les-bains

Rénover le théâtre Maurice Novarina de Thonon-les-Bains, inauguré en 1966 comme la sixième Maison de la culture de France sous le règne d’André Malraux, est la mission qui a été confiée par la Ville aux architectes WIMM. Il s’agissait non seulement d’intervenir sur un édifice porteur d’une identité forte mais aussi de rétablir des liens avec son public et la ville qui s’étaient distendus au fils du temps et de ses différentes transformations.

Rénovation du théâtre Novarina à Thonon-les-Bains, VIMM et Silo Architectes - © VIMM
photo n° 1/17
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"Nous avions affaire à un bâtiment abîmé et vieillissant dont les multiples aménagements ont peu à peu gommé ses qualités initiales. Son enveloppe était à reprendre et l’évolution de son contenu au gré des politiques culturelles avait créé des délaissés", explique l’architecte William Tenet. L’hypothèse initiale de réaliser un bâtiment transparent sur le monde de la culture ne parvenait plus à créer une qualité de médiation auprès des publics.

 

La radicalité de Maurice Novarina

Créé dans le cadre d’une politique de démocratisation et de décentralisation culturelle, le bâtiment de Novarina se devait à l’époque d’incarner la modernité, d’être propice à la création et à la rencontre. Radical, il est formé de deux volumes contrastés aux fonctions bien établies. L’"hexagone" public, vitré sur trois côtés par un immense mur-rideau, s’oriente vers le lac et la ville. Surélevé par rapport au sol naturel, il abrite et met en scène les fonctions publiques du lieu. La bibliothèque municipale et l’auditorium sont aménagés en sous-sol, l’espace de bar sert de foyer dans le promenoir haut sur la ville et sur le lac. Quant au polygone "privé", il regroupe les activités liées au fonctionnement de l’équipement : administration, loges ainsi que la partie technique de la scène. Alors que la façade principale de verre s’ouvre à la ville, la façade arrière est opaque, épaisse, recouverte d’une petite mosaïque blanche renforçant le caractère privé, fermé au public du polygone.  

 

Requestionner la fonction du bâtiment

Pour l’équipe des architectes WIMM et Silo Associés, cette commande pose clairement la question du fonctionnement du bâtiment aujourd’hui. Intervenir sur le mur-rideau interroge le lien de l’équipement à la ville mais également la nature des espaces qui sont donnés à voir et à vivre. Ainsi, en parallèle de la réponse technique pure de réfection et de mise aux normes, l’enjeu n’était pas tant de "relooker" le théâtre que de lui rendre une actualité plus en adéquation avec les pratiques culturelles contemporaines. Il s’agissait de redonner au bâtiment son caractère synthétique, unitaire de lieu de culture et de retrouver ses qualités initiales. La dimension technique est venue alimenter cette démarche, notamment le gouffre énergétique constitué par le mur-rideau. Synthèse et symbole de ces enjeux, ce mur-rideau, "vitrine" du bâtiment, est envisagé dans l’épaisseur des espaces qu’il contient et met en scène. "Nous avons à la fois travaillé à la reprogrammation de ces espaces et à leur lecture. Le rez-de-chaussée comprend un vaste sas d’accueil qui distribue les diverses activités aujourd’hui rassemblées. L’accès aux étages a été simplifié, la galerie d’exposition est ainsi complètement intégrée à l’équipement et le promenoir-foyer voit la mise en place d’un espace de rencontre et de conférence de presse, d’un espace de projection créant un écran intérieur sur la ville, de loges ouvertes sur l’extérieur", explique Carine Bonnot de l’agence associée, SILO Architectes. Le décaissement supprimé, le bâtiment s’élargit pour intégrer des espaces de circulation côté ville moderne et renforcer son effet de balcon sur le lac. Les casquettes et escalier d’accès rapportés en façade sont enlevés pour renforcer la dimension abstraite du bâtiment-vitrine désormais accessible par une vaste topographie qui le prolonge et le raccorde au parvis minéral. Le mur-rideau a été conforté d’un filtre visuel formé d’ailettes verticales qui servent tant à la gestion du confort thermique qu’à la lecture du bâtiment et de son contenu. S’inspirant des expériences d’art cinétiques et de l’op’art, la perception du cœur de l’édifice change selon les déplacements.

 

  • Lieu : Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)
  • Maîtrise d’ouvrage : Ville de Thonon-les-Bains
  • Maîtrise d'œuvre : WIMM, architectes mandataires. SILO, architectes associés. Grisan architectes, assistance DET/AOR ; Keops, ingénierie structure ; Brière, ingénierie fluides, HQE, thermique; Sinequanon, ordonnancement - pilotage - coordination ; VIES-AGE, ingénierie économie de la construction
  • Programme : requalification et extension des espaces d'accueil et d'expositon, remplacement du mur-rideau ; réfection de l'enveloppe et performance énergétique ; mise aux normes PMR et sécurité incendie
  • Surface : 3625 m² Shon
  • Calendrier : début des études décembre 2012, livraison janvier 2015
  • Coût : 3,2 M € HT

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