La démarche décroissante de l’architecte Henri Mouette mérite d’être considérée et redécouverte. S’inscrivant dans les premières heures de la crise environnementale, et dans une contre-culture rapidement oubliée, elle prône une architecture profondément ancrée dans son milieu, « douce » 1, des modes de conception collectifs et expérimentaux, une attention aux matériaux et à la construction. Henri Mouette mène une activité modeste, loin de l’exercice libéral courant, et produit une œuvre hétérogène, issue de rencontres avec des maîtres d’ouvrage engagés, oscillant entre l’ordinaire et l’insolite, le banal et le photogénique. Si la critique retient ses architectures bulles 2, sa production, plus ample, comprend trois cycles : entre 1957 et 1965, Mouette travaille à l’Atelier d’architecture en montagne à Chambéry (Savoie) - il s’inscrit à l’Ordre en 1962 ; à partir de 1966, il collabore avec Pierre Székely pour des « formes architecturales rondes » ; puis la crise pétrolière de 1973 le conduit à créer l’Atelier d’architecture solaire pour développer des dispositifs de chauffage pour l’habitat, majoritairement passifs.
Un bioclimatisme de montagne
Né en 1927 au Mans, Henri Mouette se forme à l’école des beaux-arts de Paris dans les ateliers d’André Lurçat (1947-48) et de Pierre Vivien (1948-57), puis entre 1953 et 1957 chez Robert Vassas (1909-2000), architecte en chef des monuments historiques et des bâtiments civils et palais nationaux. Il complète son cursus à l’Institut d’urbanisme de Paris (1950 et 1952). Passionné d’escalade, il fait parallèlement des sorties dans la forêt de Fontainebleau ou des courses en montagne. Après l’obtention de son diplôme, pour lequel il étudie un centre scolaire et de ski dans la station de Courchevel (Savoie), il rejoint en 1958 l’Atelier d’architecture en montagne piloté par Laurent Chappis (1915-2013) et Denys Pradelle (1913-99). Avec Philippe Quinquet, Gaston Regairaz, Guy Rey-Millet, l’agence équipe la station en hôtels, commerces et chalets. En 1960, il collabore avec la peintre Vera Székely (1919-1994) pour l’aménagement d’un hôtel à Courchevel 1550, financé par l’association Renouveau Vacances. Mouette conçoit avec elle et son mari, le sculpteur Pierre Székely (1923-2001), pour le même maître d’ouvrage, le centre de vacances de 450 lits de la station de Chamrousse en Isère (1961) ; il édifie avec eux une chapelle à Courchevel 1550 (1962) - deux bâtiments aujourd’hui démolis. Ces programmes pour l’organisme de tourisme social illustrent l’engagement chrétien d’Henri Mouette, qui signe des contributions régulières dans le quotidien La Croix.
La montagne est propice à la spiritualité et un lieu de formation exceptionnel pour les architectes : l’AAM y teste des solutions bioclimatiques adaptées aux conditions, employant des composés industriels, testant des orientations, l’isolation par l’extérieur, les vitrages isolants, etc. ; l’équipe perfectionne les détails dans ce milieu qui n’autorise aucune malfaçon 3. Chaque membre de l’atelier jouit d’une liberté conceptuelle : « Il ne faut pas chercher une expression architecturale unique dans les réalisations […], car l’atelier n’a pas été conçu pour laisser une marque de fabrique. Chaque architecte est totalement responsable du projet et de la réalisation d’un chantier déterminé, il en discute avec les autres si bon lui semble. »4
Henri Mouette conçoit aussi une école primaire communale et un centre commercial accompagné d’un cinéma à Courchevel 1850 (1958), un centre familial de vacances à Courchevel 1550 pour Renouveau (1962), un hôtel, un centre de jeunes, le collège Notre-Dame-des-Neiges à Valloire (1966), ainsi que de nombreuses maisons de vacances en montagne. Dans ses CV, il précise les moyens constructifs des programmes et revendique une « spécialisation en architecture climatique ».
Le compagnonnage artistique des Székely
La proximité avec les Székely le conduit à retourner en région parisienne et à emménager en 1965 dans la même commune, Marcoussis (Essonne), tout en maintenant sa vie durant des liens avec Denys Pradelle. Ce changement marque le début d’un exercice en son nom propre, avec au plus fort de l’activité une secrétaire comptable - sa femme- et un dessinateur. Henri Mouette a une pratique artisanale, qu’il nourrit d’associations réitérées avec le couple d’artistes, tandis que Pierre Székely cultive depuis quelques années un intérêt pour l’architecture - membre du groupe Espace fondé en 1951 par André Bloc et Félix Del Marle et du Groupe international d’architecture prospective (Giap) créé par Michel Ragon en 1965, il est rapidement identifié comme représentant de l’« architecture sculpture ». Henri Mouette bénéficie de l’émulation de ces groupes. Il participe en novembre 1965 avec Pierre Székely à une journée d’information « Liaison entre les arts » organisée par le centre culturel de Royaumont qui débat sur la place des artistes dans la création des espaces et l’expérimentation des matériaux. Ses archives comprennent une Charte de coopération entre peintres, sculpteurs et architectes de l’Association internationale des arts plastiques de l’Unesco (non datée).
A Marcoussis, ses relations professionnelles et amicales s’ouvrent au milieu intellectuel de gauche, surtout après Mai-68, et aux artistes : le sculpteur danois Ib Braase (1923-2003) et sa compagne créatrice textile Ragna Birgit (1929-2013), les peintres Judith Reigl (1923-2020), Bernard Vanier (1927-2010), Jean-Pierre Pincemin (1944-2005) du groupe Supports-Surfaces, le couple de photographes Véra Cardot (1920-2003) et Pierre Joly (1925-1992). Henri Mouette donne accès à Pierre Székely au programme de l’habitation, assumant la concrétisation matérielle des édifices. Une première réalisation est la maison Deparis à Saint-André-lez-Lille dans le Nord (1968), peu mentionnée, probablement parce qu’elle n’emploie pas encore de formes ni de moyens constructifs nouveaux. La suite est bâtie en voiles de béton projeté ; si ce principe constructif rappelle celui de Pascal Häusermann (lire AMC n°242) diffusé dans le Giap, chez Henri Mouette, il s’appuie sur l’étude d’une station-service américaine en forme de dinosaure publiée dans la revue Bâtir (octobre 1964). L’architecte avait écrit à son homologue américain pour en comprendre l’économie et la mise en œuvre. Il livre ainsi avec les Székely et l’architecte J.F. L’Ollivier le village de vacances de 600 lits de Beg-Meil, à Fouesnant dans le Finistère, toujours pour l’association Renouveau Vacances (1969). Vient ensuite la maison Verley dite « maison plante » à Sebourg près de Valenciennes (1973), ou celle du couple Valentine Fougère et Colette Brauner dans le hameau de Mulleron à Janvry (circa 1975).
Un pragmatique modeste
Le trio conçoit d’autres projets, non réalisés : un centre spirituel et scientifique avec le sculpteur Jacky Chanon (non daté), une agence de voyages à Habsheim dans le Haut-Rhin (1980), une église à Budapest dans le quartier de Kelenfold (1982), un motel à Cahors dans le Lot (non daté). Henri Mouette a aussi ses propres commandes, tel le relais paroissial Saint-Martin à Saint-Cyr-l’Ecole dans les Yvelines (1973), ou des projets recourant à la construction industrielle et à la combinatoire modulaire, comme celui proposé pour le concours pour des églises types en structure bois (1968). Il est conduit avec une association autogérée créée avec d’autres architectes (Architectures et recherches pluridisciplinaires en Essonne). Mouette répond à un concours de la SCIC pour 100 maisons individuelles groupées (non daté) et réalise en préfabrication lourde des immeubles de bureaux pour la Mutuelle de Poitiers à Ligugé (1972), avec la contribution de Pincemin pour un dallage. A Janvry, à proximité de Marcoussis, il construit la maison atelier de Véra Székely en éléments de métal préfabriqués (1971).
Les missives envoyées par Pierre Székely à l’architecte font apparaître une divergence de personnalités : l’artiste semble chercher à s’octroyer la signature des conceptions communes. On trouve des plans sous la forme de diagrammes, parfois signés par l’artiste - cercles en plan, demi-sphères en coupe - que l’architecte paraît devoir se charger de construire. A Verley, Henri Mouette traduit-il le « fantasme du sculpteur »5 ou rend-il concret ce que « Pierre Székely a tracé comme un symbole végétal »6 ? Si Henri Mouette ne semble pas faire autorité sur le projet, sa démarche est tout de même saluée par la Direction de l’architecture pour les qualités plastiques issue du travail pluridisciplinaire ; elle énonce « un dossier remarquable par la qualité des motivations de la recherche, ainsi que par tous les aspects plastiques et techniques opérationnels », tout en étant considérée risquée par l’utilisation d’un « procédé si éloigné de toute orthodoxie »7. De fait, Henri Mouette passe du temps sur les chantiers, ce que valorise la revue Bâtir en juin 1969 dans le long article sur Beg-Meil ; cette opération, dont les formes sont qualifiées d’igloos, fait d’ailleurs l’objet d’une importante fortune critique. Henri Mouette est un pragmatique, un architecte constructeur proche de la position de l’artisan, ce dont témoigne le contenu de sa bibliothèque.
Le rural, le vernaculaire et le solaire
La crise pétrolière de 1973 le met définitivement à distance par rapport à l’idéologie du progrès - il se retrouve sans travail. Son militantisme pacifiste contre le nucléaire et le capitalisme le conduisent à s’engager dans des prospectives sur l’énergie solaire. Malgré son intérêt pour Fernand Pouillon ou Le Corbusier et les solutions industrielles, il s’intéresse depuis plusieurs années à l’écologie. Il connaît le rapport du Club de Rome (1972) sur les conséquences de la croissance économique et s’oppose à ses aînés en alertant sur l’exploitation « sans mesure » des ressources terrestres et « les dangers de toutes sortes que le saccage de la nature fait courir à l’espèce humaine »8. Cette situation fonde un engagement alors peu courant chez les architectes9 qui l’incite à inventer une architecture et des dispositifs qui profitent de la source d’énergie gratuite du soleil (chauffage, eau chaude sanitaire, cuiseur). Peut-être est-il conforté par les conférences à Paris de l’Association française pour l’étude et le développement des applications de l’énergie solaire ou par la lecture du numéro d’octobre 1973 de la revue Architectural Design consacré au solaire dans la maison ? Les schémas sont proches de ceux que dressera Henri Mouette.
L’architecte vit de manière frugale (il cultive son potager, fabrique son pain, a une appétence végétarienne), évitant de répondre à des commandes qui ne correspondraient pas à son engagement. Il expérimente d’abord chez lui, dans une maison ancienne modeste, des solutions de chauffage passif (murs Trombe, serres, capteurs à air à convection naturelle), ainsi qu’un cuiseur solaire qui sera breveté. Bricoleur de génie, il se nourrit des publications des milieux alternatifs sur l’architecture rurale, vernaculaire, solaire10. Et il tient, à partir de 1977, une rubrique régulière sur l’habitat solaire dans la revue d’écologie pratique Le Pont (éditions de La Lanterne). Ces solutions faciles à construire pour d’heureux bricoleurs rappellent celles de Jean-Marc Reiser (lire AMC n°176), témoins d’une période où les alternatives étaient prospères. Henri Mouette développe pendant plus de vingt ans des architectures et dispositifs solaires pour l’habitat individuel et des « écologistes motivés », devançant les plans de l’Etat (tel le village solaire de Nandy bâti à Melun-Sénart à l’issue du concours 5 000 maisons solaires de 1980). Il édifie deux équipements publics solaires, la salle polyvalente intercommunale de Sainte Suzanne en Mayenne (1981) et, avec Serge Ferenzi, l’école maternelle des Coins à Saint- Rémy-en-Chevreuse, dans l’Essonne (1984). Le principe est de « concevoir d’abord une enveloppe permettant une circulation de l’air capté devant donner une régulation du climat interne de la construction : chaud en hiver, froid en été »11. Entre 1974 et 1993, il conçoit plus de vingt maisons solaires - certaines autoconstruites - et procède à des adaptations de chauffage sur autant de maisons existantes. Dans les mêmes années, plusieurs initiatives d’habitat solaire se concrétisent dans les Hautes-Alpes ; Henri Mouette les connaît, mais s’en tient à la moitié nord de la France.
Une reconnaissance différenciée
En réalité, dès 1968, avec les acquis de l’AAM, la forme et l’implantation de la résidence atelier des Braase à Marcoussis sont pensées pour capter les rayonnements solaires : avec des parois isolées, l’édifice terminé en 1980 déploie une grande façade vitrée au sud (avec des panneaux coulissants pour ventiler l’été), ainsi qu’une verrière, ce qui aboutit à une économie de 50% de chauffage ; des cheminées d’appoint sont ajoutées. Toutes les solutions réalisées nécessitent l’accompagnement des habitants et sont suivies de bilans thermiques (relevés de température et consommation d’autres énergies) puis synthétisées dans des fiches. Car Henri Mouette aspire à une démocratisation de l’architecture et au développement des énergies alternatives. Aussi construit-il des pavillons solaires dans des lotissements, répondant aux formes convenues dans ce cadre, assumant l’absence de signature de l’architecte.
A partir des années 1980, il diffuse ses dispositifs et conseils pratiques en participant à des foires écologistes, où il se rend en camion pour le transport de ses stands. Il adhère à l’Association pour le développement des énergies renouvelables (Aderif), figure dans l’annuaire correspondant. Son CV rallie bientôt l’ensemble de ses réalisations à la conception bioclimatique. Dans les années 1990, il étudie des projets urbains intégrant le bioclimatique ou répond à des consultations de recherche du Plan construction et architecture et de l’Ademe, restés, semble-t-il, sans suite.
Henri Mouette ne se pose jamais la question d’un éventuel statut d’architecte auteur, écartant même toute forme de revendication à ce sujet, au point qu’il n’est parfois pas mentionné dans certains inventaires actuels. Il décède brutalement en 1995 d’un accident de voiture. Sa postérité illustre un traitement différencié de ses travaux et l’importance de la signature pour hisser un édifice au rang de patrimoine. Seules les architectures conçues avec Pierre Székely sont reconnues : la maison Verley est classée monument historique (2002), le village de Beg-Meil a obtenu le label « Patrimoine du XXe siècle » (2006) et a été rénové précautionneusement en 2018, fait rare ; la maison de Véra Székely est, quant à elle, mentionnée dans l’Inventaire (2020). Cela en dit long sur les modalités de la reconnaissance patrimoniale… La pratique de Mouette offre surtout la lecture d’un positionnement soucieux de la terre et de l’environnement, jusqu’à la radicalité. Son approche militante, proche de ses maîtres d’ouvrage et portée par l’ambition d’un accès démocratique à une ressource gratuite - ici, le solaire - s’avère on ne peut plus d’actualité.
* Bénédicte Chaljub est architecte, historienne du XXe siècle, avec une activité partagée entre les diagnostics patrimoniaux, les pratiques de rénovation en collaboration avec des agences d’architecture, la recherche et l’enseignement à l’Ensa Clermont-Ferrand.
1. Dossier spécial « L’architecture douce », L’Architecture d’Aujourd’hui, mai-juin 1975.
2. On notera une exposition organisée par l’IFA à Marcoussis en 2003 et de nombreux articles sur Beg-Meil, dont deux dans AMC, en 2016 et 2025.
3. D’après Denys Pradelle dans Courchevel, Naissance d’une station. Paris, éd. du Linteau, 2013.
4. Franck Delorme, « Inventaire des archives de l’Atelier d’architecture en montagne à Chambéry (1945-1985) », AD 74, Ensag, mai 2001.
5. Dossier DAU Henri Mouette. Archives de la Cité de l’architecture.
6. « Maison à Sebourg », Recherches et Architecture, n°21, mars 1975, pp. 8-12.
7. Commentaire de la Direction de l’architecture et de l’urbanisme à propos de Beg-Meil, avril 1970. Dossier DAU Henri Mouette. Archives de la Cité de l’architecture.
8. Henri Mouette, « La nature, l’homme et la ville », La Croix, 18 avril 1973.
9. « A l’époque, nous étions très peu ». Henri Mouette dans « Architecture : prendre en compte les données climatiques », Essonne info, n°16, 23 juin 1982, p. 13.
10. Parmi elles : Pierre Le Chapelier, Energie solaire et habitat, 1976 ; Jean-Louis Izard, L’approche bioclimatique en urbanisme et en architecture, 1976 ; Frédéric Nicolas, Jean-Pierre Traisel, Marc Vaye, La face cachée du soleil, 1974 ; Robert Chareyre, La maison autonome, 1978 ; Patrick Bardou, Varoujan Arzoumanian, Archi de terre, 1978.
11. « Architecture : prendre en compte les données climatiques », ibid.
12. Un concours d’habitat solaire est créé à Veynes dans les années 1970 et plusieurs maisons solaires sont construites à la même époque dans le Briançonnais et l’Embrunais.
Henri Mouette (1927-95)
1927 Naissance au Mans
1947-57 Etudie à l’école des beaux-arts de Paris ; centre scolaire et de ski à Courchevel
1957-66 Travaille à l’Atelier d’architecture en montagne (AAM) à Courchevel puis Chambéry, associé à partir de 1960
1960 Rencontre Pierre Székely avec lequel il collaborera régulièrement 1965 Déménage à Marcoussis (Essonne), où il noue des amitiés avec des artistes et des intellectuels militants ; début de l’exercice libéral en solo 1968 Résidence atelier des artistes Braase, Marcoussis, première maison solaire (autoconstruction)
1969 Village de vacances à Beg-Meil, Finistère (avec Pierre Székely), Patrimoine du XXe siècle
1973 Maison Verley dite « maison plante », Sebourg (avec Pierre Székely), inscrite aux monuments historiques
1973-95 Recherches sur les techniques solaires et construction de maisons individuelles bioclimatiques ; écrit dans la revue d’écologie pratique Le Pont
1995 Décès à Villeneuve-sur-Yonne
Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, biblio. Kandinsky, dist. Grand Palais RMN / fonds Cardot et Joly
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Courtesy famille Mouette 


